Une transaction de nom de domaine n'a rien d'un achat en ligne ordinaire : il n'y a pas de livraison physique, le transfert peut prendre plusieurs jours, et l'acheteur comme le vendeur s'exposent si l'ordre des opérations est mal conduit.
Le titulaire d'un domaine se retrouve par les annuaires publics des registres, souvent partiellement anonymisés pour les particuliers depuis l'entrée en vigueur du règlement européen sur les données. Un formulaire de contact anonymisé est alors proposé par le registre ou le bureau d'enregistrement.
Le premier message décide beaucoup. Il gagne à être court, à indiquer un intérêt réel sans dévoiler l'ampleur du projet, et à demander si le nom est cessible. Annoncer une grande entreprise ou un projet financé fait mécaniquement monter le prix demandé.
Le principe : un tiers de confiance reçoit les fonds de l'acheteur, notifie le vendeur, qui procède alors au transfert ; le tiers vérifie que le transfert est effectif et libère les fonds. Chacun est protégé du défaut de l'autre.
Des services spécialisés existent, avec des frais de quelques pour cent, parfois pris en charge par le vendeur. C'est une dépense dérisoire au regard du risque, et elle règle la question de la confiance entre deux inconnus.
Deux mécanismes, selon la situation. Le transfert entre bureaux d'enregistrement : le vendeur déverrouille le domaine et communique un code d'autorisation, l'acheteur lance la demande chez son propre prestataire, et l'opération se confirme en quelques jours.
Le changement de titulaire dans le même bureau d'enregistrement : plus rapide, il consiste à modifier le titulaire déclaré. Attention, sur beaucoup d'extensions, un changement de titulaire déclenche un verrou de 60 jours interdisant le transfert sortant, ce qui n'est pas un problème en soi, mais qui doit être connu à l'avance.
Même pour une transaction modeste, un écrit vaut mieux qu'un échange de messages. Il identifie les parties, désigne précisément le domaine, fixe le prix et la devise, décrit les modalités de transfert et le délai, précise qui supporte les frais, et surtout comporte une garantie du vendeur : il est bien titulaire, le nom n'est grevé d'aucun droit de tiers, et il n'a pas connaissance de litige en cours.
Pour un vendeur professionnel, la facture avec TVA le cas échéant, et la mention du transfert de propriété au paiement complet.
Côté acheteur, 4 points. Que le titulaire déclaré est bien vous, avec votre adresse électronique, et non celle d'un intermédiaire. Que le verrouillage du transfert est activé. Que le renouvellement automatique est en place et le moyen de paiement valide. Et que les serveurs de noms pointent où vous le souhaitez.
Côté vendeur : retirer le domaine de ses catalogues, supprimer les redirections et les enregistrements de messagerie associés, et conserver la trace de la transaction.
Le faux acheteur qui demande un transfert avant paiement. Le faux vendeur qui n'est pas titulaire du nom, d'où la vérification systématique de l'annuaire avant toute discussion. Les fausses estimations envoyées par courriel, suivies d'une proposition de « mise en vente » payante. Et les avis d'expiration frauduleux, imitant un bureau d'enregistrement, qui réclament un renouvellement sur un site tiers.
La parade est constante : ne jamais agir depuis un lien reçu par courriel, mais se connecter directement à son espace client.
